Pierre LAURENT
Pierre LAURENT est une des nombreuses souches des ST-LAURENT.
Pierre est originaire de la paroisse St-Laurent de Périgueux et fils d’Etienne Laurent et Marguerite Viger. Périgueux se trouve en Dordogne, département situé dans le sud-ouest de la France. Il est né vers 1674, ayant déclaré avoir 25 ans à son mariage, en 1699.
On ne sait pas quand il est arrivé au Québec, ni comment. On peut néanmoins situer son arrivée entre 1690 et son mariage.
1699
Pierre et Constance se marient le 12 janvier 1699 à St-François à l’Ile d’Orléans. 2 témoins sont des soldats de la Compagnie de M. de la Durantaye (Pierre en faisait-il lui aussi partie?). (Voir son acte de mariage)
Pierre, leur premier enfant est baptisé le 19 décembre 1699
au même endroit. Les neufs autres sont nés à Rimouski et presque tous ont été
baptisés très longtemps après leur naissance (jusqu’à 2 ans).
Il est possible que Pierre se soit rendu à Rimouski avant l’année de son
mariage.
| Leurs enfants | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Prénom | Naissance | Baptême | Décès | Mariage | Conjoint | |
| Pierre | 19/12/1699 | 20/04/1729 Rimouski | Marie Renée Allard | 9 enfants | ||
| Isabelle | 03/07/1702 | 07/09/1703 | 23/11/1726 Rimouski |
Joseph Gassé | ||
| Etienne | 09/08/1704 | 08/07/1706 | 10/12/1729 | |||
| Jean-Baptiste | 12/11/1707 | 03/07/1708 | ||||
| Joseph | 03/1709 | 26/07/1709 | 20/10/1739 Rimouski | Louise Rioux | 7 enfants | |
| Constance | 20/08/1711 | 10/02/1712 | ||||
| Marie-Louise | 28/09/1713 | 08/07/1714 | ||||
| Marie-Françoise | 1716 | 01/06/1717 | 05/05/1792 | 07/01/1738 Rimouski | Jacques Bouillon | |
| Geneviève | 09/05/1718 | 12/10/1718 | ||||
| Ambroise | 01/09/1720 | 01/07/1720 | 30/07/1797 | Marie Louise Pineau | 11 enfants | |
La Seigneurie de Rimouski
La Seigneurie de Rimouski (ou de St-Barnabé) a été obtenue par René Lepage
par échange avec le Sieur de la Cardonnière en date du 10 juillet 1694, contre
une terre lui appartenant à l'Ile d'Orléans. La confirmation de cette concession
a eu lieu le 27 janvier 1696. René Lepage sera donc le premier seigneur de
Rimouski. Elle est décrite comme suit:
Deux lieues de front sur le fleuve, sur deux lieues de profondeur,
joignant d'un côté à la seigneurie du Bic, de l'autre côté aux terres non
concédées.
Relation de Pierre Laurent avec la famille Lepage
La femme de Pierre, Constance, et René Lepage sont cousins germains. Ce point explique pourquoi Pierre Laurent a fait partie des premiers colons à venir s’installer à Rimouski, avec Pierre Gosselin, qui se trouve exactement dans la même situation que lui pour avoir épousé Marie, la sœur de Constance.
1701
La paroisse St-Germain de Rimouski est créée, c'est donc aussi
l'année d'ouverture des registres d'Etat Civil.
Le premier mariage célébré est celui de Pierre Gosselin et Marie Guérinet, sœur
de Constance. Les premières années, le curé ne passait que l’été. Ainsi, les
actes sont groupés, et cela explique pourquoi les baptêmes avaient souvent lieu
fort longtemps après la naissance.
|
Année |
Nombre d’actes |
Date |
|
1701 |
4 |
Août et septembre |
|
1703 |
2 |
le 7 septembre |
|
1706 |
3 |
le 8 juillet |
|
1707 |
1 |
le 8 juillet |
|
1708 |
3 |
le 3 juillet |
|
1709 |
2 |
le 26 juillet |
|
1710 |
1 |
le 2 juillet |
A partir de 1712, la présence du curé semble régulière. Jusqu’à cette année-là, tous les actes concernent 3 familles seulement, soit LEPAGE, LAURENT et GOSSELIN.
Le terrier de 1724
En août 1724, un dénombrement des terres est effectué pour le fief de Rimouski et de la Rivière Mitis. Ces fiefs appartiennent alors aux descendants de René Lepage.
- Sur celui de Rimouski, on trouve un domaine de 15 arpents de front sur 2
lieues de profondeur sur lequel il y a
une maison moitié colombage et moitié pièces sur pièces de cinquante deux pieds de long sur vingt deux de large, une grange de charpente de quarante deux pieds de long sur vingt de large, une écurie de mesme de vingt pieds en quarré et une estable aussy de charpente de vingt quatre pieds de long sur vingt de large, vingt cinq arpens de terre labourable et la grève pour prairie.
(ces bâtiments se trouvaient à l'embouchure de la rivière Rimouski, au nord-est)
Suit une liste des habitants installés sur les terres adjacentes au domaine, dans l’ordre en allant vers le nord-est.
|
Nom |
Taille |
Maison |
Grange |
Etable |
Terre labourable |
|
François Trestoure |
3 x 40 |
|
|
|
2 |
|
Jean Guy (marié à Marie Moreau, fille de Jean) |
3 x 40 |
|
|
|
3 |
|
Etienne Chicot |
3 x 40 |
1 |
1 |
1 |
10 |
|
Jean Moreau père |
3.5 x 40 |
1 |
1 |
1 |
10 |
|
Ignace Moreau fils |
3 x 40 |
|
|
|
2 |
|
Jean Moreau fils |
4 x 40 |
|
|
|
4 |
|
Joseph Gacé (époux d’Isabelle fille de Pierre Laurent) |
3 x 40 |
1 |
1 hangar |
|
8 |
|
Louis Laneau |
3 x 40 |
|
1 hangar |
|
8 |
|
Joseph Langoumois |
4 x 40 |
N’y réside pas |
|
|
4 |
|
Michel Dutremble (marié à M. Jeanne Moreau fille de Jean) |
4 x 40 |
1 |
1 |
1 |
12 |
|
Pierre Gosselin (marié à Marie Guerinet, sœur de Constance) |
6 x 40 |
1 |
1 |
1 |
15 |
|
Pierre Laurent |
7x 40 |
1 |
1 |
1 |
10 |
|
Germain Lepage de St-François |
8 x 2 lieues |
|
|
|
2 ou 3 |
|
Le page de St-Barnabé |
20 x 2 lieues |
1 |
1 |
1 + écurie et bergerie |
18 |
|
Lepage curé de La Chenaye |
12 x 2 lieues |
|
|
|
9 |
Le fief de la Rivière Mitis ne comporte alors aucun établissement ni défrichement.
Hormis la famille Lepage, il n’y avait donc en 1724 que 11 familles propriétaires de terres à Rimouski. Parmi ces 11, seules 6 avaient bâti une maison et s’étaient installées sur leur terre. Il est à noter d’ailleurs que ces 11 propriétaires sont étroitement liés entre eux par des liens de parenté (Dutremble, Guy et la famille Moreau, Gosselin et Gacé, respectivement beau-frère et gendre de Pierre Laurent).
Pierre Gosselin, Germain Lepage, Marie Guerinet, Marie Louise Moreau, Antoine Lepage, Geneviève Lepage, Agathe Dorothée Lepage se trouvent tous parmi les parrains et marraines des enfants de Pierre Laurent.
Pierre Laurent possédait à cette époque la plus grande terre attribuée dans le fief. (voir carte, la position de la terre a été déduite des données du terrier et transposée sur une carte actuelle)
Rimouski ne comptait donc à cette époque qu'une poignée d'habitants, qui commençaient à mettre en valeur leur terre.
Autres renseignements sur sa vie
1705
Au décès de sa mère, Constance, épouse de Pierre, hérite avec Marie et Reine ses sœurs d’un arpent et demi de terre de front sur la longueur que la terre fait du fleuve au milieu de l’île, à St-François sur l’Ile d’Orléans, sa paroisse d'origine. Sa part est donc d’un demi arpent.
Pierre se rend à Québec chez le notaire Chamballon pour vendre cette terre à un certain Joseph Lepage (Constance est absente). L’acte est passé le 13 août 1705. Pierre est accompagné de René Lepage (dit de Ste-Claire). C’est lui qui paie à Pierre le prix de la terre (200 livres), et garde donc une hypothèque sur la terre, donnant 4 ans à l’acheteur pour le rembourser.
1736
Le 16 juin 1736, l’Intendant HOCQUART émet l’Ordonnance suivante, où apparaît Pierre Laurent.
Gilles Hocquart
Estant nécessaire d’establir dans l’étendue des paroisses de Rimouski, de la
Rivière des Trois Pistoles et de la Rivière Verte qui sont situées dans le bas
du fleuve St-Laurent à plus de cinquante lieues de Québec un subdélégué pour
régler et juger sommairement les différends qui peuvent survenir entre les
habitans établis dans l’étendue desd. paroisses eu égard à l’éloignement où ils
sont et aux frais qu’il leur en coûterait pour se pourvoir devant les juges
ordinaires de cette ville, Nous en vertu du pouvoir a nous donné par sa majesté
avons commis et établi commettons établissons le Rd. Père Charles Barbel Récolet
missionaire desd. lieux notre subdélégué pour en lad. qualité et conjointement
avec le Sr. LePage de St-Barnabé seigneur et Capitaine de Milice dud. lieu et Pierre St-Laurent père plus ancien habitant que nous commettons pareillement
pour estre ses adjoints régler et terminer les différends et contestations qui
pouront naître entre lesd. habitans situés dans l’étendue desd. lieux cy dessus
en matière personnelle seulement Mandons au Sr. LePage de St-Barnabé detenir la
main à l’exécution des jugements qui seront rendus par lesd. subdélégués et
adjoints, et aux habitans d’y obéir et s’y conformer; En témoin de quoy nous
avons signé les présentes, icelles fait contresigner par notre secrétaire et y
avons fait apposer le cachet de nos armes, fait et donné à Québec le seize juin
mil sept cent trente six.
Hocquart
1739
(Pierre a donc environ 65 ans)
Donation
Le 12 juillet 1739, ne pouvant plus par rapport à leur grand âge faire valoir leur bien, Pierre et Constance font une donation à Joseph Laurent, à charge par ce dernier de leur fournir une pension à vie. Cet acte est dressé par Charles Barbel, prêtre missionnaire de Rimouski, en présence de Pierre Laurent fils aîné, Isabelle et Joseph Gacé son mari, Joseph, Françoise et Jacques Bouillon son mari et Ambroise Laurent.
Ils donnent à Joseph 3 arpents de front sur 40 se trouvant sur leur terre de 7 arpents, bâtiments compris et la jouissance de toute la terre défrichée durant leur vie. Ensuite, les 4 autres arpents seront partagés entre ses 4 frères et sœurs.
Inventaire
Le 6 septembre 1739, Charles Barbel se déplace à leur demande chez Pierre et Constance, en leur maison située entre feu Pierre Gosselin et Sieur Lepage de la Molez afin de faire l’inventaire de tous leurs biens. Les témoins présents sont Pierre Lepage de St-Barnabé, Paul Lepage de la Molez et Nicolas Lepage (tous 3 frères et parents de Pierre et Constance), Michel Dutremble, un voisin qui agit comme estimateur et Pierre Coudert maître d’école, ainsi que leurs cinq enfants.
Voici le détail de leurs biens, tel que défini dans l'acte :
Dans la cuizine de la ditte maison
- un petit cramaillon servant de cramaillière estimé cinq sols
- une meschante poelle? estimée une livre
- une vieille lampe estimée cinq sols
- une marmitte vieille et felée estimée quinze sols
- un fer a flasquer prisé et estimé vingt sols
- une douzaine de fourchettes et une douzaine de cuillieres de gros estein prisées
et estimées le tout ensemble trois livres
- deux plats d'estein estimées trois livres
- cinq assiettes d'estein estimées avec une esquelle le tout de gros estein
estimée trois livres
- deux bouteilles de verre estimées vingt sols les deux
- deux fusils un grand et un petit vieux estimé vingt trois livres les deux
- une vieille usche? estimée vingt sols avec son couvert de bois de pain
- deux vieilles posches? estimées cinq sols
- un vieux coffre de sapin avec la serrure estimé quarante sols
- un lit de plume dans la chambre
- un lit chaslit pailliasse couvertes soussin estimé quinze livres (cette ligne
raturée dans l'acte)
- trois vieilles haches estimées les trois trois livres
- une herminette estimée trente sols
- deux terriers? estimées les deux cinqte sols
- un marteau et un cizeau estimées les deux vingt cinq sols
- un vieux soc avec la chaine et un vieux coudre estimé le tout ensemble cinq
livres
- trois marmittes une grande et deux petites estimées sept livres les trois
- un vieux gril estimé vingt sols
Il existe aussi des dettes :
à Sébastien Soulard huit marthes
vingt quatre livres quinze sols et dix minots de bled au sieur Lepage de Saint
barnabé
Item neuf livres quinze sols d'arrérage de rentes de l’année passée
La rente
Tous ces biens sont donnés, avec la terre tel que décrit
dans la donation, à Joseph qui assure désormais la conduite de la maison. Joseph
doit en contre partie s’occuper de ses parents jusqu’à leur décès et s’engage à
ce qui suit :
A raison de ce qui les entretiendra et tout ce qui leur sera nécessaire tant
pour la vie que pour l'habillement jusques à la fin de leurs jours.
Son père demande premièrement pour luy douze pots d’eaudevie franche ou seize
pots guillidvie? pour son besoin et comme son épouse la mère dudit enfant ne
boit point deaudevie elle demande pour elle huit pots de vin pour ses besoins et
nécessitées.
Et comme bon chrétien pensant a son dernier jour avant qu'il soit venu il
demande que son fils joseph s'oblige de les faire enterrer et prier dieu pour
eux c'est à dire que si la commodité le permet qu'il leur ferat faire un service
le jours de leurs decedz et enterrement, et à tous les autres il demande qu'ils
se charge de leurs faire dire chacun cinq messes c’est a dire cinq pour le père
et cinq pour la mère des dits enfans lesquels s'obligents des a présent
d'accomplir en tout et en partie les volontés et les pieuses demandes de leurs
dits père et mère.
Joseph et Pierre Laurent fils ont signé. Les parents ont fait une marque, reproduite ci-dessous.
Nous ne connaissons pas les dates de décès de Pierre et Constance.
|
|
|
La marque de Pierre et Constance, acte du 12 juillet 1739 |
Le nom de famille s'est transformé de Laurent en
St-Laurent aux environs des années 1740. Au cours de cette période, on trouve
indifféremment les deux noms dans les actes. Une même personne peut d'ailleurs
être vue alternativement sous l'un ou l'autre, ou les enfants s'appeler
St-Laurent alors que les parents sont toujours dénommés Laurent.
L'orthographe du nom varie aussi beaucoup, comme le prouve les 3 signatures de
Joseph Laurent ci-dessous, qui datent toutes de la même année.
|
le 12 juillet 1739 |
|
le 6 septembre 1739 |
|
le 30 septembre 1739 |
Ses descendants
On retrouve ses descendants en très grande majorité dans
les régions de Rimouski et Trois-Pistoles, mais aussi un peu plus
tard dans la région de Matane et la Gaspésie. Vers les années 1870,
beaucoup
d'entre eux ont émigrés aux USA. Nous en avons retracé
au Massachusetts (New Bedford, Fall River) et dans le New Hampshire (Manchester).
L'état d'avancement de nos recherches au Québec nous permet
d'identifier certains de ces émigrants comme provenant bien de cette
lignée.
Ci-dessous un tableau montrant le nombre de ses descendants répertoriés, par
génération.
| Génération | Descendants | Conjoints |
| 1 | Pierre Laurent | 1 |
| 2 | 10 | 5 |
| 3 | 27 | 20 |
| 4 | 84 | 67 |
| 5 | 246 | 180 |
| 6 | 680 | 290 |
| 7 | 930 | 389 |
| 8 | 536 | 369 |
| 9 | 213 | 169 |
| 10 | 45 | 18 |
| Total | 2771 | 1508 |
Carte des déplacements à venir
